Le Festival des Solidarités 2017

lundi 27 novembre 2017
par  Philippe Savoye

La Semaine de la solidarité internationale s’est transformée nationalement en « Festival des solidarités » dans l’esprit de « faire passerelle : accompagner là-bas, là où interviennent nos associations et agir ici, là où nous vivons, dans une région du monde où se prennent nombre de décisions qui concernent l’ensemble de l’humanité ». C’est aussi élargir nos champs d’intervention. Concrètement, par exemple, cette année dans le Grésivaudan, c’est un partenariat avec Migrants scène , c’est une exposition à la Maison du rugby…

La fortune des 500 familles françaises les plus riches a fait un bond de 30 % en un an ; les 10 plus grosses fortunes de 35 %, ce n’est pas moi qui le dit, mais un journal que l’on ne peut traiter de « gauchiste » : Challenge. Il précise également que depuis 1996, la fortune totale des 500 plus riches français a été multipliée par 7. Le problème n’est donc pas financier, mais de répartition des richesses. Le scandale des paradis papers après les panama papers, les fonds vautour, les paradis fiscaux… nous montrent deux choses : 1) Une avancée par le travail d’investigation qui permet de mettre en lumière ces pratiques et ouvrent une porte d’espoir (car ce ne sont pas les amendes qui portent leurs fruits pour ces richissimes, mais leur image de marque écornée… et encore !) 2) Et surtout une absence d’éthique qui se généralise où des montages légaux sont réalisés à partir de cabinets d’avocats, d’experts financiers pour contourner les textes et augmenter les profits à un niveau jamais atteint jusqu’à présent. Dans les années 70, les pays de l’OCDE (les pays riches) ont décidé de fixer à 0,7 % de leur PIB l’aide au développement. Aujourd’hui seuls 6 pays (Suède, Norvège, Luxembourg, Danemark, Pays-Bas et Royaume-Uni) le réalisent. La France se situe dans la moyenne avec 0,38 %. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient, comme disait un ministre…

Un jour, la Norvège a marqué son histoire d’une éthique forte Ce pays a vendu des bateaux à l’Equateur, Egypte, Jamaïque, Pérou et Sierra Leone en leur offrant des aides pour les hopitaux, les écoles… Ces pays eurent rapidement des difficultés à rembourser leur dette. Le parlement norvégien ouvrit une enquête et se rendit compte que ces pays n’avaient nullement demandé (et besoin) de bateaux… mais que l’industrie navale norvégienne était en difficulté et sans de nouvelles commandes des mouvements sociaux, des grèves auraient lieu. Aussi, le parlement reconnu la démarche illégitime de leur pays et annula la dette.

Et nous de notre côté ? Nos moyens sont modestes (comme ceux du colibri qui cherche à éteindre l’incendie dans la forêt, conte amérindien repris par Pierre Rabhi), mais nous devons rester fort d’une éthique. Ethique de la solidarité avec ceux qui viennent, non pas manger notre pain, mais chercher le moindre espoir pour eux et leur famille et qui font preuve de courage au péril de leur vie en franchissant l’espace et les obstacles. Une éthique auprès de celles et ceux (qu’accompagnent nos associations) qui dans divers pays agissent pour prendre en compte les besoins de leur population. Notre éthique est de les accompagner, mais de les laisser totalement libres de faire leurs choix leurs permettant d’accéder à leurs droits fondamentaux (manger en fonction des habitudes alimentaires, se soigner, envoyer ses enfants à l’école, se loger décemment, pouvoir agir comme citoyens libres, accéder à la culture, etc.)

C’est dans cet esprit, cette éthique que nous avons conçu collectivement cette semaine à Emmaüs qui s’inscrit autour de plusieurs symboles  En 2013, nous réalisons collectivement un tableau aujourd’hui accroché dans ces locaux « pour qu’il reste une trace » ; cette année durant une semaine un magnifique mandala est conçu et dans quelques heures son sable sera dispersé : le durable et l’éphémère, l’importance de l’action dans l’instant, l’importance de l’action pour qu’elle prenne sens, qu’elle s’inscrive dans le temps. Le plus grand de tous les engagements n’est-il pas celui de l’instant présent ?  La rencontre d’hier, le repas partagé entre les compagnons et les jeunes Roumains de stea, qui en 2015 ont bénéficié d’un local pour leur jardin d’insertion grâce au financement d’Emmaüs. Ces Roumains venus les mains chargés d’un cadeau pour chaque compagnon… Ils ont collectivement participé au mandala, en réalisant notamment le drapeau de leur pays.  L’implication des jeunes dans l’animation de la journée (Batucada VI – bravo et merci à Willy pour tout le travail accompli), ceux de l’école des pupilles de l’air, les collégiens de Crolles. Les jeunes agissent à leur manière, avec leur conviction, sont souvent révoltés par les injustices, qu’ils soient aujourd’hui remerciés pour leur implication, qui pour nous, plus âgés fait chaud au cœur.  Le soutien qu’apporte l’association Emmaüs Grenoble et surtout en son cœur les Compagnons par leur travail, de financer des actions concrètes au bénéfice de populations accompagnées par nos associations… qui nous offrent encore de belles surprises aujourd’hui…

Voilà ce que je voulais dire en introduction… Mais de tels moments se vivent autour de rencontres, des partages…et donc de fête ! Alors bon après-midi à Toutes et Tous. JPEG - 422.2 ko


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